architecte bambou oxala

Les matériaux sains


1- Des critères d'évaluation


A - Les critères d'évaluation européens

- La directive européenne "Produits de construction" pour créer un intérieur sain, réglementer et harmoniser les caractéristiques des matériaux de construction.
- La directive européenne "Produits de construction" 89106 a défini deux exigences concernant la santé :

1. Hygiène, santé et environnement
2. Protection contre le bruit

B - Une approche pragmatique

Les matériaux utilisés doivent entraîner un minimum
de risques pour la santé.
Pour cela, différents points doivent être analysés :

- Les risques pour la santé doivent être évalués scientifiquement.

- Les risques doivent être acceptables et confortables :

1. A court et long terme
2. Suivant les étapes de son cycle de vie
3. Selon le mode d'utilisation

Au mieux, les matériaux doivent avoir un impact bénéfique
sur le bien-être et la santé.

2- Les matériaux végétaux


Les matériaux d'origine végétale dans le bâtiment ont été écartés des techniques de construction à l'exception du bois.
Aujourd'hui, ils reviennent en force.
Ils sont une ressource inépuisable car ils sont renouvelables.

- La paille :
La paille est un matériau sain, renouvelable et local. Peu d'énergie est nécessaire à sa transformation et à son transport. Murs perspirants, bon régulateur hygrométrique…
Bon isolant thermique et phonique. Faible inertie thermique.

- Le chanvre :
Le matériel bio par excellence car sa croissance est rapide, elle ne nécessite ni irrigation, ni désherbant, ni fongicide ou insecticide et peu d'engrais.
Son utilisation est multiple : laine de chanvre, chènevotte en vrac. En banchage ou en projection en béton de chanvre on fait des murs ou des isolants.
Le béton de chanvre projeté est un mélange de chanvre et de chaux.
Développé depuis une vingtaine d'années, le béton de chanvre a acquis ses lettres de noblesse avec la parution des Règles Professionnelles d'Exécution, mises au point par l'Association Construire en Chanvre et validées par les principales instances de la construction (voir Règles Professionnelles d'Exécution Béton de Chanvre).

- La laine de bois :
La fibre de bois est un isolant écologique et naturel très performant. Ce matériau présente en effet d'excellentes qualités d'isolation thermique et participe à l'amélioration de la performance écologique de l'habitat.
Au cours de sa croissance, un arbre absorbe, e moyenne, environ 1t de CO² tout en produisant dans le même temps 0,7 t d'oxygène. C'est pourquoi les forêts sont considérées comme puits à carbone. Le CO² absorbé sous forme de carbone reste fixé dans le produit fini. Il ne se libère de nouveau dans l'atmosphère qu'en cas de combustion.

Le liège :
Le liège expansé pur est au-dessus de tout soupçon quant à sa durabilité sans aucune limite. Imputrescible et inaltérable.
Présenté en panneaux de 100 x 50 cm ou en vrac, c'est un isolant naturelle thermique et phonique. Cet isolant ne craint pas l'eau il est écologique polyvalent durable possédant une bonne densité et conductivité thermique.
C'est à la fois inégalé à ce jour et incontournable dans la construction durable saine et écologique d'aujourd'hui

3- Le bois non traité


Le bois, ressource renouvelable et disponible localement, contribue largement à la qualité environnementale de la construction. Pour cela, il doit être issu de forêts gérées de façon durable et respecter certaines règles de conception et de mise en œuvre.
La maîtrise des risques liés à l'humidité par le choix des essences et une conception adaptée au matériau bois.

Le choix d'essences et de procédés constructifs, qui protègent naturellement les bois et limitent les zones à risques, permet de s'affranchir des traitements fongicides et garantit la longévité des ouvrages.

Il s'agit :

- D'éviter les reprises d'humidité par le sol ou par exposition directe. Ici, le débord de toiture de 90cm protège le bardage des infiltrations d'eau en partie haute. Le soubassement périphérique en béton met le bois hors de l'eau et empêche les remontées d'humidité par capillarité en partie basse. Avec des poteaux en bois, des embases métalliques peuvent jouer le même rôle.
- D'empêcher la stagnation de l'eau en favorisant son évacuation et en ventilant les espaces confinés.
- D'employer du bois possédant une durabilité naturelle suffisante par rapport à sa classe d'exposition à l'humidité (occasionnelle, fréquente…). La résistance naturelle du bois aux intempéries et aux champignons est parfaitement définie et dépend des essences. Cette résistance est répartie en cinq classes de risques biologiques (cf. tableau).

Dans cet exemple, le bois n'est pas traité grâce aux précautions de mise en œuvre. Il faut cependant accepter qu'il puisse changer de teinte en vieillissant. Le bois non traité ne pose aucun problème à la déconstruction, ni pour l'élimination des déchets de chantier, puisqu'il est immédiatement recyclable.

La prise en compte des caractéristiques thermiques du matériau et l'application des règles de l'architecture bioclimatique.
La température de surface d'une paroi en bois s'élève rapidement au contact de la chaleur ambiante, ce qui empêche la paroi d'absorber et d'emmagasiner la chaleur. Il est souhaitable de rajouter de la masse thermique (par exemple murs lourds intérieurs en pierre, en terre, etc.) aux constructions bois, pour réguler les variations de températures intérieures.

Ici, l'enveloppe de la maison est conçue de sorte que la chaleur ne pénètre pas à l'intérieur en été : fermeture des portes, des fenêtres, et des volets extérieurs le jour; ventilation de la sous-toiture; isolation thermique importante; protection la façade ouest par des arbres à feuilles caduques.

Mais, en l'absence d'inertie, des risques de surchauffe sont à craindre en journée, en cas d'apports internes de chaleur ou de pénétration du rayonnement solaire.
Pour en savoir plus :

http://www.bois-construction.org